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Murmure est une carte blanche vidéo proposée aux invité-e-s aujourd’hui confiné-e-s- Des mots de minuit…  

Cette capture d’écran de la maison d’édition LLL Les Liens qui Libèrent illustre Ă  elle seule une façon de penser la sociĂ©tĂ© et un l’impĂ©rieux besoin d’écrire qu’il exprime parfaitement dans ce Murmure, entre compulsion, sublimation et nĂ©cessitĂ© politique.
Cette pensĂ©e est Ă©minemment engagĂ©e, inscrite dans un humanisme premier et soucieux de la parole de l’autre mais abĂ®mĂ© par le libĂ©ralisme et la technologie. Roland Gori dĂ©crit les effondrements du monde, fustige le terrorisme des machines et des algorithmes, recense les risques d’une technologie fĂ©tichisĂ©e comme ceux de la religion du marchĂ©, admet la difficultĂ© des rĂ©volutions symboliques (la psychanalyse en est un exemple) Ă  transformer la sociĂ©tĂ©, milite pour les libertĂ©s publiques d’individus dĂ©sespĂ©rĂ©s et tentĂ©s les populismes.
De l’actuel Président de la république il fait un personnage héroïque d’une post modernité basée sur la performance et l’efficacité.
Il est Ă  l’origine, en 2008, de L’Appel des Appels :
“Nous, professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture et de tous les secteurs dĂ©diĂ©s au bien public, avons dĂ©cidĂ© de nous constituer en collectif national pour rĂ©sister Ă  la destruction volontaire et systĂ©matique de tout ce qui tisse le lien social.
Réunis sous le nom d’Appel des appels, nous affirmons la nécessité de nous réapproprier une liberté de parole et de pensée bafouée par une société du mépris.”

12 ans plus tard, une virose mortelle redonne Ă  ces quelques lignes leur Ă©vidence initiale.

L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture !
Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes. L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre.
..La fabrique des imposteurs. LLL.

Roland Gori “se bat” paradoxalement pour que l’individu reste ingouvernable! L’essayiste engagé qu’il est décortique l’absurdité des comportements humains, la vanité des jeux politiques, les manipulations de populations aspirées plus ou moins consciemment dans l’idéologie libérale, le rôle des médias engagés pour certains dans une relation naturelle, trouble, voire consanguine avec le pouvoir.