Étiquettes

, , , , ,

Philosophe, chercheur à l’Institut des Sciences de la communication et professeur à l’American University of Paris. Elle travaille sur les outils de la régulation démocratique.

Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury a notamment publié La Fin du courage : la reconquête d’une vertu démocratique (2010), Les Irremplaçables (2015) et Dialoguer avec l’Orient : retour à la Renaissance (2016).

Lire

Tel est le chemin éternel de l’humanisme : comment l’homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l’éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n’est pas soin, elle n’est rien.
Cynthia Fleury 

Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps
qui est confisqué, ce temps qui n’est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l’incurie du monde, de poser au cœur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l’exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l’existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. 
Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l’hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d’échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l’attention créatrice de chacun à chacun.

Ecouter

France Culture, les chemins de la philosophie : Cynthia Fleury, philosophe clinicienne

L’invitée du jour :

Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste, professeure titulaire de la Chaire « Humanités et Santé » au Conservatoire National des Arts et Métiers, dirige la Chaire de philosophie au GHT Psychiatrie et Neurosciences de Paris

Une oeuvre philosophique artisanale

Dans un siècle, lira-t-on mon travail ? J’aimerais, mais pas pour des raisons narcissiques, plutôt pour des histoires de sens, se dire que le travail qui a été fait a une petite valeur, et pourra être récupéré. Cette « œuvre », au sens d’artisanat, c’est un lien qu’on tisse avec les autres, ensemble.      
Quand j’ai commencé à écrire, mon seul but était de constituer une œuvre, je fais ce travail-là.      
Cynthia Fleury

Comment construire cette oeuvre ?

Il y a mille chemins. Le viatique pour aller vers l’œuvre, c’est le moi. À partir de 13 ou 14 ans, les choses se sont décidées même si je ne savais pas que cela s’appelait la philosophie ; pour moi il s’agissait de langage, d’écriture, des idées, des arguments, des concepts, une manière de transformer le monde par la capacité de nommer les choses. J’avais la conscience de l’impuissance, parce que les mots ne changent rien et en même temps, les mots changent les choses : en tout cas je défends cette idée que l’être humain est un être parlant, ça compte.      
Cynthia Fleury

Discipline de l’écriture

J’écris tous les jours, je produis une matière, un objet brut, des « forêts » dans lesquelles je taille, je reprends… Parfois, je n’arrive plus à entrer dans la forêt, j’utilise alors des astuces comme le regard de l’éditeur, puis je crée un chemin didactique alors que d’autres chemins pourraient être créés, il faut choisir un axe pour un moment de transmission, et le lecteur ensuite fait lui-même son chemin et réouvre le livre. J’ai une dialectique forte avec les lecteurs.      
Cynthia Fleury

écouter l'émission