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ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (photo d’illustration)

« Prends le livre, c’est gratuit. Rends-le, c’est gratuit aussi. Et si possible, ramènes-en un. C’est à cet échange qu’invitent les boîtes à livres qui fleurissent dans nos rues. Il y en aurait presque une centaine en Bretagne, aucun recensement officiel ne les a comptabilisées.

À la manière dont l’internet a libéralisé la production et l’échange d’information, les boîtes à livres libéralisent l’échange des livres. Dans la rue comme sur la toile, les contraintes sont minimes, la légèreté des dispositifs est appréciable. Ainsi, alors qu’il y a vingt ans, le quidam devient auteur en publiant ses textes sur un blog, désormais, le même quidam se fait bibliothécaire en installant et en alimentant une boîte à livres.

Ceux qui envisagent dans leur mise en place un geste artistique seront comblés de découvrir. Celui du duo d’artistes Clegg & Guttmann en 1990 dans la ville autrichienne de Graz. Un geste qui occupe, autant qu’il questionne, l’espace public et la lecture publique.

À quelles conditions une boîte à livres tient-elle la route ? Sont-elles vraiment un outil qui contribue à la visibilité du livre dans la société ? Peut-on y déceler le signe d’une population éduquée au point de choisir et de proposer des lectures sans recourir aux experts ? Ces boîtes participent-elles au plaidoyer pour les bibliothèques ou sont-elles une provocation supplémentaire à l’heure des politiques publiques à bas coût et du débat sur l’ouverture dominicale des bibliothèques ?

De même que les bibliothèques de rue oscillent entre l’éphémère et le durable, ces questions ne trouveront pas forcément de réponse définitive. Qu’importe, si, dans la boîte, on trouve un livre en compagnie duquel passer un moment agréable.

Une quinzaine de gares en région Île-de-France
proposent leur boîte à livres

Une boîte à livres, c’est une bibliothèque hors les murs, mais ce n’est pas une bibliothèque de rue. « La bibliothèque de rue, c’est là où il y a des livres pour lire, là où il y a de l’air ; on peut y aller, venir lire, repartir, explique Aboubakar, du haut de ses neuf ans. Et moi, j’aime bien les histoires. Quand on me les raconte, quand on me lit quelque chose, je pense, je lis dans ma tête… Non, en fait, je ne lis pas. C’est après que j’essaie de lire ce qu’on m’a lu, je prends le livre et je retrouve les mots. »

Dans cette définition sensible, lue dans l’ouvrage de Marie Aubinais, Les bibliothèques de rue, on perçoit la force de la médiation. »

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