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A revoir JT de France 3 du 3 mars 2017

La lecture obligatoire et pour tout le monde, c’est une expérience inédite à Banon, petit village des Alpes-de-Haute-Provence. Les enfants du collège, mais aussi les personnels et les profs consacrent tous les jours un quart d’heure à la lecture.

À 13h40, la sonnerie retentit dans les salles de classe de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Fini le brouhaha, chaque élève sort un livre de son sac pour se consacrer à une étrange expérience : un quart d’heure de lecture. Tous les choix sont permis hormis les journaux et les livres scolaires. « Ça me permet de lire plus souvent et du coup je peux terminer des livres plus vite », se réjouit Léa. « Avant je ne lisais pas, maintenant je lis de temps en temps »,confie quant à lui Lucas. Tout l’établissement participe au rituel. Un rendez-vous quotidien qui ne concerne pas seulement les élèves. C’est tout l’établissement qui participe au rituel. « C’est très agréable parce qu’on a un moment de cohésion dans le silence », explique Tim Van-de-Velde, professeur d’anglais. Résultat : un moment hors du temps où même les adultes reconnaissent se remettre à lire, ce qu’ils ne faisaient plus forcément. Un pari lancé à la rentrée scolaire en passe de réussir à redonner à tous le goût de la lecture.

Des nouvelles en septembre 2017 sur France Bleu

Il est 13h40. Une mélodie retentit dans le collège de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Les 150 élèves sortent tous un livre de leur sac. Et comme par magie, ils s’installent et se mettent à lire. Seuls ou à côté d’un camarade. Un roman ou une BD. Rien n’est imposé. Sauf le silence. Ce rituel existe depuis plus d’un an dans cet établissement sans histoire. La principale a voulu ainsi mieux utiliser la pause de la mi-journée. Au départ, certains étaient septiques de reprendre l’idée venue d’un lycée d’Istanbul en Turquie. « Quand j’ai vu que les enfants y prenaient du plaisir, je me suis dit que c’était gagné » raconte Marianne Lew, la principale.

Stephen King ou Lucky Luke

870x489_img_0968D’autant que dans le collège, tout le monde joue le jeu. À 13h40, comme tous les élèves, les adultes ouvrent eux aussi un livre. Les enseignants comme la cantinière. Parfois, ils se sont remis à lire. « Ça fait du bien » confie l’adjoint de direction. Depuis l’instauration de la lecture obligatoire, les exclusions de classe ont été divisées par trois l’après midi. En refermant un Stephen King, Arthur, 15 ans, dit lire aujourd’hui chaque jour : « C’est comme quand je me lave les dents ». Enzo lui se contente de lire des Lucky Luke : « Ça passe vite le midi ».

Et pourquoi pas dans les quartiers nord de Marseille ?

Au début de cette nouvelle année scolaire, tous les élèves ont été consultés sur la reconduction ou non de l’opération. 88% ont réclamé la poursuite du rituel. Aujourd’hui, d’autres collèges en France ont repris l’idée. Dans l’Académie du Grand Est, une vingtaine d’établissement sont prêts à le faire. À Banon, la principale est persuadée qu’elle pourrait aussi le faire dans un établissement sensible comme ceux des quartiers Nord de Marseille. « Ça marcherait, dit-elle. S’il faut adapter la durée ou la façon de se procurer les livres, c’est possible. Mais le silence est universel. Et contre la violence, la lecture est absolument indiquée. »

Depuis, l’expérience a fait des petits !