Étiquettes

, , , , ,

logodes39miniature

Journée poétique et politique

Nous sommes inquiets et en colère. Les politiques s’attaquent à notre humanité dès l’enfance.

Vous,  soignants, éducateurs, parents, acteurs du champ  de l’enfance et de l’adolescence :

Vous qui êtes nombreux à porter une culture, des idées, des expériences respectueuses de la complexité humaine et de la subjectivité de chacun

  • N’avez-vous pas constaté les répercussions navrantes des réductions de dépenses publiques relatives aux soins, à l’accueil et à l’éducation des enfants et des adolescents ?
  • N’avez-vous pas constaté comment cet appauvrissement de moyens au nom de la recherche d’une certaine efficacité s’est accompagné de la généralisation d’une gestion technocratique qui impose ses normes et ses protocoles au détriment d’approches plus humaines ?
  • N’avez-vous pas observé comment la volonté de réduire les coûts sans concertation et sans discernement a favorisé la privatisation de lieux d’accueil et de soins avec le risque d’être orientés par la  recherche de profits financiers ?
  • N’avez-vous pas, vous aussi, subi cette pression de rentabilité qui entrave, voire qui détruit, les pratiques originales développées depuis des  décennies dans le champ de l’enfance et de l’adolescence ?
  • N’avez-vous pas constaté que l’expérience qui a montré toute  l’importance d’avoir du temps et des lieux pour accueillir, écouter, réfléchir à plusieurs, formuler des hypothèses de travail et de soins au cas par cas, sont contredites par des injonctions simplificatrices. Des prétendues découvertes scientifiques nous sont imposées par des logiques d’intérêts financiers.
  • N’avez-vous pas éprouvé le sentiment d’être ligotés dans vos efforts pour penser, travailler et inventer les formes les plus justes pour aider un bébé, un enfant, un adolescent à grandir, à nommer ce qui le déchire ou l’inhibe, à comprendre ses difficultés propres, à apaiser ses contradiction internes, à trouver sa place dans sa famille et dans un cercle plus large ?
  • Ne trouvez-vous pas insupportable de subir des injonctions qui neutralisent la pensée et l’action des adultes – qu’ils soient soignants, éducateurs, parents ou enseignants – auprès des enfants qui viennent vers nous pour que nous prenions soin de leurs fragilités, de leurs bizarreries ou de leurs maladies ?
  • N’avez-vous pas été découragés devant l’impossibilité de faire entendre que ces injonctions avaient pour résultat d’abraser la complexité relationnelle de la vie ? Ces injonctions nous détournent de la nécessaire prise en compte des dimensions multiples, conscientes et inconscientes, qui entrent en jeu dans toute difficulté ou maladie psychique.

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Quelles qu’aient été  les alternances politiques de ceux qui nous gouvernent, la forme, le  rythme, la fréquence et  la durée des actions menées en direction des enfants et des adolescents  ont été profondément altérés par la réduction des moyens accordés et par la mise en place d’un management marchand. Ce management est encouragé par des instances bureaucratiques et coupées de toute clinique  puisque n’agissant que sur dossiers (HAS, ARS, ANESM, MDPH, etc.). Ils imposent  des protocoles et des règles contraires aux savoirs humains.

Ces transformations sont les conséquences conceptuelles et pratiques de l’idéologie néo-libérale qui gouverne l’organisation capitaliste de la production industrielle, auxquelles les notions de rentabilité et d’évaluation sont rattachées. Cette idéologie a progressivement infiltré les domaines de l’enseignement, de la formation, de la culture et de la santé. Elle a ainsi produit une forme de « contention idéologique », renforcée par une novlangue qui a pour but de miner silencieusement et sans débat nos environnements quotidien et professionnel.

La nécessaire prise en compte de la complexité inconsciente du psychisme humain, des liens entre les sujets et entre les générations, et du rapport de chacun à son histoire et à sa culture, est violemment rejetée par cette idéologie. Cette complexité humaine est cependant utilisée et exploitée sans vergogne lorsqu’il s’agit de stimuler la consommation, d’influencer l’opinion ou d’agir sur le comportement des populations.

Disons-le clairement, dans les champs sanitaire, médico-social, pédagogique, éducatif ou judiciaire, le mode de management imposé doit être dénoncé comme « non recommandable ». Il est dangereux et destructeur. Il nous convoque à résister !

Lire la suite de l’article sur le site du Collectif des 39