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DIRE L’INDICIBLE

Une conférence de Patrick Sadoun, président du RAAHP et d’AUTISME LIBERTE lors du congrès de la CIPPA à Paris, les 13 et 14 mars 2015.

« J’ai toujours été émerveillé par le regard et les sourires des bébés. Bien avant l’apparition du langage verbal on peut avoir avec eux une communication d’une intensité et d’une authenticité qui n’existe plus entre adultes.

Avec mes deux premiers enfants j’ai adoré cette période. Pour certains pères aussi c’est un immense plaisir de donner le biberon, de faire la toilette, de serrer son enfant contre soi, de sentir son odeur et la douceur de sa peau, de lire autant d’intelligence, de profondeur et de malice dans ses yeux.

Avec Boris, mon troisième enfant, cette magie de l’éveil à la relation et à la communication semblait éteinte. C’était  difficile de capter son regard et de jouer avec lui comme je l’avais fait avec son frère et sa sœur. Mais il n’était pas agité et, les six premiers mois, avant le sevrage maternel, je me disais que ce devait être son tempérament, qu’il était bien avec sa mère et que cela viendrait plus tard. J’ai commencé à me poser des questions dès qu’il a pu s’assoir et qu’il s’est mis à se balancer. Peu après, lorsqu’il a pu marcher à quatre pattes, il passait les nuits et une partie de la journée à se taper le dos contre une porte ou un radiateur. Il se raidissait et il hurlait si on le prenait dans les bras, il hurlait encore si on allumait la radio, la télévision ou l’aspirateur, ses cris stridents ainsi que le bruit sourd des chocs de son dos contre une surface dure  étaient insupportables et son comportement était totalement incompréhensible. Tout avait été si simple et si naturel avec nos deux premiers enfants. Pourquoi Boris n’évoluait-il pas comme les autres ? Le doute et l’inquiétude s’installaient dans mon esprit. »

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