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Patrick Ben Soussan rend hommage
à Maryse Vaillant sur le site Spirale

 

Maryse Vaillant, psychologue clinicienne, auteur de près d’une trentaine de livres sur la famille, l’éducation, le couple, le désir, la féminité, l’adolescence, s’est éteinte à l’âge de 68 ans le 20 janvier dernier. Née en 1944, elle avait publié en 2008 un témoignage sensible sur son cancer du sein, Une année singulière avec mon cancer (Albin Michel), une épreuve dont elle disait ressortir plus forte. Mais la maladie a continué son évolution, ses nausées, ses douleurs, ses métastases osseuses, pulmonaires. Maryse en parlait souvent, à tous, répétant sans trêve qu’il fallait savoir profiter des moments de répit, prendre soin de soi. « Je n’espère pas guérir, ce que j’espère c’est vivre le mieux possible jusqu’au bout, être lucide, je voudrais que ma mort m’appartienne, je n’étais pas là à ma naissance mais ma mort, je voudrais être là, je ne voudrais pas souffrir, j’adore la morphine, j’espère qu’on m’en donnera suffisamment pour que je sois très bien… J’ai quelques mois devant moi, c’est à moi, c’est ma vie, je veux en profiter et je veux que les gens autour de moi sachent que je suis quelqu’un d’heureux et je veux leur donner mon bonheur ; qu’ils soient libres ou libérés, on ne peut pas libérer les autres, mais je voudrais au moins ne pas les charger de ma peine à quitter la vie… »
Maryse Vaillant était une vraie « déchargeuse », elle s’employait depuis des années à briser des tabous, à délier les mots, à désenchaîner les histoires de vie, à nous engager, les uns et les autres, à se dépêtrer de ces liens qui tuent, étouffent, rendent fous ou meurtriers. D’abord éducatrice spécialisée, intervenant dans la cadre de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), elle s’est orientée vers la psychologie, est devenue formatrice, chargée de cours à Paris VII, chargée d’études à la PJJ, à l’Institut de l’enfance et de la famille… Et, avec sa retraite comme elle disait, elle s’est consacrée exclusivement à l’écriture, depuis sa gentilhommière du Finistère. Mais elle parcourait aussi les routes, infatigable, pour des conférences, des colloques ; elle était très régulièrement sollicitée par les médias qui savaient trouver en elle une femme vraie, engagée, sincère et d’une intelligence vive et empathique.

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