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« L’hyperactivité motrice avec déficit de l’attention : Maladie neurodéveloppementale ou construction nosographie ? », un article de Claude Bursztejn, à lire sur Cairn.info.

L’existence d’enfants, dont l’agitation motrice et les difficultés à se concentrer perturbent la scolarité et gênent considérablement leur environnement, est un fait que ne saurait contester aucun clinicien sérieux. Depuis les origines de la psychiatrie de l’enfant, en effet, différents auteurs ont décrit sous des noms variés (chorée mentale ; enfant turbulent ou instable ; hyperkinésie, hyperactivité psychomotrice) des enfants présentant à la fois un comportement agité et des difficultés apparentes à maintenir leur attention sur une activité précise. Les questions, qui divisent actuellement différents auteurs, concernent la ou les significations pathologiques qu’on peut attribuer à de tels comportements, la ou les facteurs étiologiques sous-jacents, et les interventions thérapeutiques, médicamenteuses ou autres qui sont justifiées dans de telles situations, justification qu’il convient d’apprécier en termes d’efficacité, d’éventuels effets indésirables et d’éthique.

Les termes utilisés témoignent, tous à leur façon, d’un point de vue étiopathogénique sous-jacent à la description des auteurs et aux symptômes qu’ils privilégient. Beaucoup de ces hypothèses envisagent un substratum organique pour au moins une partie de ces patients, notamment en raison de l’existence de cas dans lesquels ces troubles du comportement étaient associés à une épilepsie ou à d’autres pathologies neuro-encéphaliques.

Le DSM III a introduit une nouvelle terminologie assortie d’une description, sous la forme de critères définis en termes comportementaux. L’objectif affiché initialement était de fournir aux chercheurs un repérage catégoriel précis. Mais, bien au-delà du seul domaine de la recherche, le concept de « trouble déficitaire de l’attention avec hyperkinésie » a pris force de loi pour toute une partie de la médecine et de la psychiatrie mondiale, avec souvent pour corollaire, un traitement systématique par les psychostimulants. Nous nous proposons ici d’examiner ce qui fonde cette conception, sur laquelle un consensus semble établi dans la littérature médicale de langue anglaise.

De l’enfant instable au THADA : évolution des concepts et des classifications

C’est Bourneville qui, le premier, en 1897, a décrit des enfants caractérisés par une mobilité intellectuelle et physique extrême avant que, quelques années plus tard, J. Demoor (1901) compare l’instabilité de l’enfant à une chorée mentale. Mais c’est surtout l’ouvrage d’Henri Wallon, L’Enfant turbulent (1925) qui, avec la thèse de J. Abrahmson, « L’enfant et l’adolescent instables », illustre la position de l’école française, qui insiste sur le double versant psychique et moteur de l’instabilité.

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