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« Les biais du TDAH (Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité)

Cher(e)s Ami(e)s, La HAS va donner des recommandations aux généralistes sur le TDAH je crains le pire. Cela m’a incité à écrire cet article que je vous mets en PJ et ci dessous pour ceux qui ne peuvent ouvrir le fichier.Il va bientôt être en ligne. Amitiés. PL Les Biais incontournables du TDAH (Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité)

Nous prendrons, pour déployer notre argumentation, comme référence le TDAH décrit dans le DSM 5 auquel nous renvoyons le lecteur pour sa définition car c’est la classification qui fait autorité dans la recherche clinique et pharmacologique c’est à dire dans les études cliniques randomisées (ECR) dans l’épidémiologie et aussi malheureusement dans la pratique clinique de plus en plus. Pourquoi soulever cette question?

Il nous paraît en fait opportun de soulever cette question des biais inhérents au TDAH pour plusieurs raisons qui se conjuguent.

Tout d’abord on observe une augmentation croissante d’enfants diagnostiqués TDAH dans toutes les sociétés occidentales et tout particulièrement aux USA depuis les vingt dernières années, actuellement aux USA les derniers chiffres disponibles évoquent 11% d’enfants d’âge scolaire porteurs d’un TDAH (1) de même en Grande Bretagne l’augmentation est très sensible. En France nous n’avons pas de données globales récentes mais tout semble indiquer que la prévalence augmente aussi de manière importante.(2) la fausse épidémie est en marche après avoir été retardée par les réticences de bien des pédopsychiatres formés à la psychopathologie et les restrictions légales à la délivrance d’ordonnance de première intention. De façon concomitante à l’augmentation de cas de TDAH on assiste à une consommation de plus en plus marquée de médicaments comme le méthylphénidate. Le TDAH représente un des premiers motifs de consultation en pédopsychiatrie.

Par ailleurs le diagnostic de TDAH concerne de plus en plus les adolescents et les adultes surtout dans sa forme trouble de l’attention avec les risques accrus d’un usage détourné des produits prescrits comme « boosters » ou stupéfiants à l’occasion d’évènements comme des concours, des enjeux professionnels ou toute autre performance à accomplir ou dans une optique de défi fréquente à l’adolescence.

De plus, en raison de la systématisation grandissante de la réponse médicamenteuse à de nombreuses situations cliniques hétéroclites on observe une chronicisation (3) du TDAH, le médicament ne guérit pas, il permet de maîtriser les symptômes et comme il n’existe aucun critère valide pour déterminer quand arrêter la prescription, on assiste parfois à des situations où des adolescents ou des adultes qui veulent arrêter de prendre le médicament car ils se sentent aptes à le faire subissent une entreprise moralisante et culpabilisatrice de la part de l’entourage « ça n’est pas le moment, c’est trop risqué, ça n’est pas ton intérêt etc…  » voire de la part de soignants qui veulent enrayer la  » supposée chaîne pronostique allant du TDAH de l’enfance à la délinquance ou les conduites addictives à l’âge adulte » et qui s’appuient sur des études discutables où l’on confond prévision et prédiction (4). Cette chronicisation est risquée car les ECR sur les effets à long terme de la consommation de méthylphénidate sont contradictoires mais certaines sont inquiétantes (5). Après les faux positifs gare aux handicapés iatrogènes!

Enfin le TDAH nous semble symptomatique des « effets secondaires » de l’usage étendu et exclusif de la méthode diagnostique du DSM, c’est à dire surmédicalisation, surdiagnostic et surprescription. Ces conséquences sont dénoncées par de plus en plus de professionnels et en particulier par l’association Initiative pour une Clinique du Sujet STOP DSM (6). »

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