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La Fédération des Orthophonistes de France édite tous les deux mois un bulletin adressé à ses adhérents dans lequel se côtoient vignettes cliniques, actualités du cadre professionnel et des engagements syndicaux, réflexions sur le métier d’orthophoniste.

Dans un numéro récemment paru, nous avons été très intéressés par l’article d’Anne-Marie Fernez, qui, se saisissant d’une question d’actualité : le mariage pour tous, interroge les effets du discours scientifique sur la clinique orthophonique.

Nous avons souhaité partager cet article et le publions sur le blog. Nous remercions la Commission bulletin de la FOF et l’auteur, Anne-Marie Fernez, pour leur autorisation.

« Une question d’actualité

En quoi la question du « mariage pour tous » peut–elle avoir sa place dans notre bulletin ? Ce n’est sans doute pas, j’en conviens, le lieu d’en débattre. Mais quelle que soit notre opinion, qui relève du domaine privé, il se passe quelque chose dans le lien social qui va avoir des effets dans notre clinique.

L’effet le plus apparent sera une probable et relative libération de la parole : là où avant un parent se présentait seul et donnait une version socialement acceptable de la situation familiale dans laquelle vivait l’enfant, des accompagnants vont sans doute se déclarer plus ouvertement « parents homosexuels ». Des collègues en témoignent déjà.

La position qui nous guide dans notre pratique, à savoir : aborder le patient sans à priori et en mettant de côté tout savoir préconçu, me semble valoir aussi vis-à-vis des effets, sur la subjectivité de notre temps, de ce changement dans l’organisation légale du lien conjugal. Nous constatons, pour peu que nous fassions une place à l’histoire de nos patients, que rien ne permet de prédire le devenir d’un enfant en fonction de la constitution du couple de ses parents. Laissons-nous enseigner là aussi par la clinique.

Mais en quoi  les orthophonistes sont ils concernés ? Autrement dit, au-delà des effets plus ou moins factuels voire anecdotiques des modifications en cours, notre clinique devrait-elle être aseptisée des enjeux qui traversent le lien social ? Sinon, pourquoi ?

Peut être faut-il s’entendre sur ce que l’on entend par clinique et préciser en quoi la conception du langage qui nous guide a à voir avec la question qui nous occupe.« 

Lire l’intégralité de l’article (extrait du bulletin FOF n°118)