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Patrick Landman, président de « Initiative pour une Clinique du Sujet » et initiateur du mouvement STOP DSM a publié un article dans la Lettre de Psychiatrie Française n° 214 de mars 2013 « Pourquoi la psychiatrie européenne est-elle concernée par la sortie du DSM-V ? ».

« La sortie de la cinquième version du DSM dite DSM5 est prévue pour le 20 mai 2013. Le DSM est une abréviation pour Diagnosic and Statistical Manual publié par l’APA (Association de Psychiatrie Américaine),  il se veut un manuel de référence qui classifie et catégorise des critères diagnostiques concernant les troubles mentaux pour la recherche, l’épidémiologie et la pratique clinique. Il n’est opposable aux praticiens et n’est utilisé dans la codification médico-administrative que dans peu de pays, les USA, l’Australie et quelques autres, ailleurs et en particulier en Europe la classification qui fait force de loi c’est la CIM 10 ou dixième version de la Classification Internationale des Maladies (ICD 10 en anglais), qui est le document officiel de l’OMS. A noter que la CIM 10 est une classification de toutes les pathologies et pas seulement des maladies mentales comme le DSM.

Alors pourquoi s’alarmer de la sortie d’une classification qui n’a pas cours légal en Europe et alors que les divers systèmes européens d’assurance sociale n’exigent pas tous un diagnostic comme préalable au remboursement des soins psychiatriques?

Je vais tenter d’expliquer le plus brièvement et le plus synthétiquement possible les raisons pour lesquelles le DSM5 concerne la psychiatrie européenne, c’est à dire tous les praticiens (psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux, tous les professionnels de l’enfance, les usagers de la psychiatrie etc…) et même tous les citoyens qui ont  droit à l’information et qui peuvent donner leur avis sur la santé mentale.

LE PARI DU DSM III A ETE PERDU : IL N’EXISTE AUCUN MARQUEUR BIOLOGIQUE PERMETTANT DE FAIRE UN DIAGNOSTIC PSYCHIATRIQUE

Le DSM depuis les années quatre vingts du siècle dernier à partir de sa version III a contribué à un changement de paradigmes et de pensée dans la psychiatrie mondiale : pour simplifier la psychiatrie clinique classique et les orientations théoriques issues de la psychanalyse ont été remplacées par une psychiatrie se voulant athéorique, la plus objective possible, consensuelle et surtout scientifique. L’espoir était grand dans ces années là que la science délivrerait le secret des principales maladies mentales. Ce pari sur l’avenir qui était celui des promoteurs du DSM III s’est avéré pour le moment perdu, trente ans après la sortie du DSM III, il n’existe aucune explication scientifique validée d’aucune maladie mentale, que ce soit une explication génétique ou biologique. Malgré des centaines de millions de dollars investis dans cette direction, le « messie » des marqueurs biologiques se fait attendre. Plus la recherche avance plus l’immense complexité de la tâche se fait jour reculant pour encore longtemps l’explication scientifique des maladies mentales. Même après « la décennie du cerveau » décrétée aux USA il faut se rendre à l’évidence : la recherche biologique et génétique n’a rien apporté ou presque à la pratique clinique psychiatrique, aucune des trouvailles génétiques(gène de la schizophrénie, gène de l’autisme, de l’alcoolisme etc..) annoncées à grand renfort de publicité dans les médias n’a jamais pu être reproduite depuis cinquante ans . La psychiatrie biologique a totalement échoué dans sa tentative de fonder scientifiquement la psychiatrie au point qu’il convient de se poser la question de sa méthodologie et de ses fondements épistémologiques car la recherche doit se poursuivre. Pourtant dans le même temps l’industrie pharmaceutique a produit à une vitesse accelérée de nouveaux médicaments psychotropes. »

Lire l’intégralité de l’article sur le site internet STOP DSM

Télécharger l’article intégral publié dans la Lettre de Psychiatrie Française

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