22 janvier « Journée nationale pour la psychiatrie »

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Pinel en lutte, les autres hôpitaux mobilisés soutenus par nombre d’associations et de sections syndicales appellent à un rassemblement national à Paris.

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Ecouter « Jean Malaurie : Oser résister »

Sur France Inter, La marche de l’histoire, le 16 novembre 2018.

Jean Malaurie a beaucoup appris de l’égalité chez les Inuits. Il admire aussi chez eux l’attention – sensitive -aux lois de la nature et l’adaptation en souplesse à leur évolution. On ne parle plus à leur sujet de peuples premiers : ce sont des peuples pionniers dans la conscience écologique.

1951, la scène est bien connue. Jean Malaurie est en expédition, pauvre et solitaire, à Thulé, sur la côte Nord-Ouest du Groenland. Nous sommes en pleine guerre froide. La base américaine s’agrandit pour accueillir des bombardiers stratégiques nucléaires. Un général signifie à Malaurie qu’il est en territoire américain, militaire et strictement interdit. Et Malaurie répond : « Et vous, mon général, qui vous autorise à être sur un territoire inuit ? Même si tous vous obéissent, moi non. »

Depuis, l’ONU a adopté une déclaration des droits des peuples autochtones qui affirme haut et fort qu’ils ne peuvent être expulsés de la terre à laquelle ils appartiennent. Tous les peuples ont le droit d’exister, même les plus modestes et la terre est humaine.

« Terre humaine »… On reconnaît le titre de la collection que Malaurie a fondée en 1954, y publiant ses Derniers rois de Thulé et Tristes tropiques de Lévi-Strauss, la réassurant vingt ans plus tard dans le succès avec Le Cheval d’orgueil. Paysan breton, indien hopi, prisonnier de droit commun… Les fortes individualités qui composent le catalogue de la collection dialoguent avec le lecteur à égalité. « Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition ».

Mais aussi, toujours, des pions dans les stratégies de puissance que déploient dans l’Arctique les peuples dominants. Il faut oser résister. « Même si tous, moi non. »

Une émission en partenariat avec L’Atlas des peuples un Hors-Série Le Monde-La Vie dont Jean Malaurie est le grand témoin.

Lire « Jean-Christophe Weber : La consultation »

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Résumé

Les évolutions contemporaines de la médecine, technologiques ou managériales, numériques ou politiques, sapent les conditions d’une médecine authentiquement clinique : il importe alors d’en dégager les lignes de force qui ont traversé les âges, pour déterminer ce que nous voulons vraiment pour demain. Tel est le but de ce livre, qui repart de l’expérience fondamentale du clinicien : la consultation.
De quoi est faite la consultation ? Quelle crise affronte le thérapeute, quelle réalité délimite son champ d’action ? Comment intègre-t-il le principe d’incertitude? Quelle est la tension entre la créativité de l’intelligence pratique et le refuge dans la standardisation ? 
Refusant la dichotomie stérile entre science et art, l’auteur décrit la clinique comme un ensemble de gestes et de paroles ajustés à une situation singulière, et élabore une conception de l’éthique comme tact. Le traitement du corps est indissociable de l’accueil de la parole, comme sont indissociables l’absence de garantie et la confiance, ainsi que l’autonomie du patient et la liberté du médecin.

Introduction – Le courage de la créativité

Chapitre 1. La technê médicale : tactique du geste, éthique du tact

Chapitre 2. La double vie du corps dans la consultation médicale

Chapitre 3. L’insoutenable confiance du malade

Chapitre 4. Les vœux du patient : une autonomie sous contrôle

Chapitre 5. Un médecin libre pour un homme libre ?

Conclusion – Courage et plaisir

Lire « Christophe Dejours : La domination au travail est beaucoup plus dure qu’avant »

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A lire sur l’Echo.be

Psychiatre et psychanalyste, Christophe Dejours est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM, Paris), titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail et directeur de recherche à l’Université Paris V. Auteur d’une œuvre abondante sur le monde du travail et les pathologies associées, il dénonce l’avènement des « gestionnaires » dans les années 1980, qui a, dit-il, eu des effets catastrophiques sur la qualité du travail et les pathologies qui en découlent. « En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe », prévient-il.

Vous êtes un spécialiste des rapports entre l’homme et le travail. Et notamment de la psychodynamique du travail. De quoi s’agit-il?

C’est une discipline née de la rencontre entre la psychopathologie du travail et l’ergonomie. Elle cherche à comprendre comment les travailleurs parviennent à maintenir intègre leur santé mentale malgré une organisation du travail souvent nuisible… On a ainsi découvert que la normalité est le résultat d’un compromis entre, d’un côté, des contraintes délétères pour le psychisme – qui peuvent conduire à la maladie mentale – et, de l’autre, la construction de stratégies de défense.

Ce qui est néfaste pour le psychisme, c’est la contrainte venant de l’organisation du travail. Et cette contrainte est double. Il y a d’un côté la division technique des tâches qui font l’objet de prescriptions très strictes. Et de l’autre une division politique du travail, à savoir un système de surveillance et de sanctions qui est une nouvelle contrainte.

Depuis Taylor et Ford, l’organisation du travail est essentiellement politique. Taylor compare littéralement l’ouvrier à un chimpanzé qui doit se conduire comme tel. C’est l’obéissance absolue. Cette conception de l’organisation du travail basée sur la domination, le contrôle, la sanction (donc la peur), est évidemment nuisible pour la santé mentale car le travailleur y perd sa subjectivité, sa créativité, sa maîtrise des moyens, le sens de ce qu’il fait. Travailler, c’est bien plus qu’exécuter des tâches. C’est une transformation de soi.

Mais depuis Taylor et Ford, l’organisation du travail a sacrément évolué…

Une nouvelle forme d’organisation du travail apparaît dans les années 1980, celle des gestionnaires. Jusque-là, l’organisation du travail était l’apanage des gens du métier. Les directeurs d’hôpitaux, par exemple, étaient médecins.

Mais ils ont été remplacés par des gestionnaires qui ne connaissent rien des métiers. Ils réduisent le travail à un ensemble de tâches purement quantifiables et dont la performance est chiffrable. À travers ces dispositifs, ils ont instauré ce que le juriste Alain Supiot appelle la « gouvernance par les nombres ». Celle-ci détruit tout ce qui était vital au travailleur: les règles et valeurs propres de son métier. Cette méthode gestionnaire détruit aussi volontairement toute coopération. Ce qui a pour conséquence une dégradation de la qualité et de l’efficacité.

Ces gestionnaires ont inventé des techniques nuisibles pour la santé psychique. C’est le cas de l’évaluation individualisée des performances qui introduit la compétition entre les travailleurs et détruit la solidarité. C’est le cas aussi de la précarisation de l’emploi: partout des contrats durables sont remplacés par des CDD et l’intérim. Cette précarité qui augmente développe aussi un sentiment de précarisation chez ceux qui ont une position stable: ils comprennent qu’ils sont menacés eux aussi.

Il y a aussi la standardisation des modes opératoires qui facilitent le contrôle quantitatif. Or une infirmière, par exemple, ne peut pas traiter de la même manière deux patients atteints d’une même maladie. Si elle s’y trouve contrainte par la standardisation, son travail perd son sens.

Il y aurait également beaucoup à critiquer sur la prétendue « qualité totale » car dans les faits elle est impossible. Dans le but d’obtenir le graal de la certification, on fait pression sur les travailleurs pour qu’ils mentent dans leurs rapports…

Le tournant gestionnaire a donc des effets catastrophiques sur la qualité du travail. Mais la communication officielle travestit la réalité avec une telle efficacité que cette dégradation est masquée.

La domination au travail est donc beaucoup plus dure qu’avant. Elle a changé complètement le monde du travail et même toute la société. Pour le dire autrement, les gens sont soumis. En Europe, les contre-pouvoirs, les syndicats, ont fondu. Ce qui fait la force incroyable du système, c’est que la majorité des travailleurs vivent dans cette situation de servitude volontaire – et donc de malheur – parce qu’ils y consentent, pensant que c’est la seule bonne façon de faire. On nous apprend dès l’école primaire que le bien et le vrai, c’est ce qui est scientifiquement quantifiable. Mais c’est faux.

Et donc ce « tournant gestionnaire » comme vous dites génère de nouvelles pathologies?

Oui, les impacts psychopathologiques sont colossaux, jusqu’au suicide sur le lieu de travail. Ca n’existait pas avant. Il y en a même dans le secteur public, y compris à l’Inspection du Travail! Ils existent partout dans le monde et sont en croissance mais ils font l’objet d’une conspiration du silence.

Il est difficile d’expliquer un suicide. La souffrance éthique en est l’une des causes principales. Soumis à ces impératifs d’objectifs, le sujet doit brader la qualité au profit de la quantité. Mais dans de nombreux métiers, brader la qualité, c’est très grave. Pensez au magistrat qui doit juger cinquante affaires en quelques heures alors que sa décision engage la vie des gens. Il en vient à faire le contraire de ce pour quoi il est devenu juge.

Partout, on est rendu à cette situation où il faut concourir à des actes et à une organisation que le sens moral réprouve. Cette souffrance éthique est celle qu’on éprouve à trahir les règles du métier, ses propres collègues et le client. Et finalement on se trahit soi-même. Cette trahison de soi dégénère en haine de soi, ce qui peut déboucher en suicide sur le lieu de travail.

Le suicide représente le stade ultime de la souffrance au travail mais les pathologies liées au travail sont devenues très nombreuses et variées…

De fait. On assiste à l’explosion des pathologies de surcharge. En France, plus de 500. 000 personnes sont indemnisées pour troubles musculo-squelettiques. Mais il y a aussi le burn-out; ou encore le karôshi, « la mort subite par surcharge de travail ». Il s’agit d’une hémorragie cérébrale chez des gens qui n’ont aucun facteur de risque. Ils meurent à 35-45 ans, sur le lieu de travail, le plus souvent par rupture d’anévrisme ou accident vasculaire cérébral. C’est fréquent.

Parallèlement, le dopage s’est considérablement développé. Cocaïne et amphétamines sont utilisées dans de très nombreux métiers, y compris chez les avocats d’affaire, les banquiers, les cadres. Beaucoup ne peuvent tenir qu’en se dopant. Sur les chaînes de montage, des ouvriers sniffent devant tout le monde pour tenir les cadences. Et personne ne dit rien.

N’oublions pas également que comme il n’y a pas d’étanchéité entre travail et non-travail, les souffrances professionnelles ont des conséquences dommageables immédiates sur la vie de famille, les loisirs et même la vie dans la Cité dans la mesure où l’on a tendance à s’y comporter comme au travail: chacun pour soi.

En outre, les stratégies de déni ont un effet de désensibilisation qui conduit à une banalisation de l’injustice: si je nie ma propre souffrance, je ne peux pas reconnaître celle des autres. C’est un retournement sinistre: pour tenir individuellement, on aggrave le malheur social.

Dans ce contexte, on peut se demander si un tel système ne risque pas de s’effondrer – puisqu’il ne fonctionne que par le concours des travailleurs. Les cas d’effondrement moral existent. Durant la guerre du Vietnam, par exemple, des régiments entiers ont dit: « Fini! On n’avance plus! », quitte à être tués – quand ils ne tuaient pas leurs propres officiers. En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe aussi.

Vous militez d’autant plus pour une politique émancipatrice du travail…

Oui, souffrir au travail n’est pas une fatalité. Le travail peut clairement être un médiateur dans l’accomplissement de soi. Pensez au pilote de chasse ou au reporter: la réalisation de leur mission repose entièrement sur leur génie. C’est le cas aussi pour les métiers, les fonctions où le travailleur contrôle à la fois les moyens et les conditions de sa tâche, voire l’intégralité du processus. Le travail de l’artiste l’illustre fort bien, mais on peut aussi citer les professions libérales.

La coopération est un autre facteur clé. Naguère, dans les services hospitaliers, des réunions hebdomadaires conviaient tout le personnel – y compris les femmes de ménage – à s’exprimer sur la manière d’aider, de traiter les patients. L’émancipation par le travail dépend donc de son organisation. Il faut des collectifs de travail mais aussi une autonomie de penser.

J’ai accompagné des entreprises qui voulaient aller dans ce sens. Les managers ont délaissé les systèmes d’évaluation quantitative pour mettre en avant le travail vivant et la coopération. Eh bien, je peux prouver que ces entreprises ont gagné en productivité, en compétitivité et bien sûr en plaisir à travailler! Et aucune naïveté là-dedans.

Il faut donc passer d’une politique de l’emploi à une politique du travail – si l’on veut, notamment, réduire les coûts croissants de ces pathologies qui atteignent jusqu’à 3% du PIB selon des études internationales. Mais aussi pour réenchanter la vie des travailleurs!

Etienne Bastin

Ecouter « Bernard Stielger : éviter l’apocalypse »

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« Des ravages la data economy jusqu’au dernier rapport du GIEC, tous les signaux montrent que l’humanité s’est mise elle-même en grand danger. Aujourd’hui « l’Entretien Libre » reçoit le philosophe Bernard Stiegler, fondateur du groupe Ars Industrialis, et directeur de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du centre Georges-Pompidou. Auteur d’une œuvre profondément originale, il s’intéresse notamment aux mutations sociales, politiques et psychologiques provoquées par la « révolution numérique ». On publie aujourd’hui deux livres de lui, « Qu’appelle-t-on panser ? » (LLL), et « La technique et le temps » (Fayard), réédition augmentée de sa thèse. »

Marseille « Reprise des travaux du groupe clinique »

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Le groupe clinique de Marseille travaille sur « La langue » pour la sixième année consécutive.

Nous vous rappelons l’argumentaire du projet : il s’agit pour nous de remettre le langage au coeur de notre pratique clinique, et de tenter d’appréhender ce à quoi nous avons affaire dans la rencontre avec l’autre : la langue.

Comment pouvons-nous envisager, avec notre propre langue et nos représentations, l’accueil de la parole de l’autre avec sa propre langue et ses constructions, ses références.

Le groupe se réunit autour d’une intervenante psychologue clinicienne, dont nous vous soumettons la proposition de travail :

« La démarche de ce séminaire sera à la croisée des mondes.

Elle sera clinique, une clinique qui s’enrichit de la dimension de la psychanalyse, des sciences humaines, de la médiation ethnoclinique.

Un humain ne naît pas humain, il est fabriqué, tout au long de sa vie, fabriqué en premier lieu par une langue et les logiques qu’elle porte. Ces logiques des mondes peuvent être visibles par des rites, ou par d’autres formes qui ne sont pas nommées comme telles.

Il amènera chaque participant à se présenter avec ses appartenances, des éléments de sa fabrication. Ce séminaire engagera donc chacun de nous avec nos fabrications.

Ainsi, à partir de la construction du groupe, nous pourrons travailler autour des questions de fabrication à partir de ce que nous avons pu évoquer des nôtres, donc avec la dimension dite «contre transférentielle».

Nous pourrons alors, à partir de situations, de questions, nous pencher sur la dimension de la traduction, des passages d’un monde à l’autre, d’une langue à l’autre… »

Alice Athenour, psychologue clinicienne

■ L’organisation du groupe clinique « La langue »

Les groupes de travail clinique FOF Sud-Est sont ouverts à tous les orthophonistes et étudiants en orthophonie désireux d’y participer, qu’ils soient adhérents ou non adhérents.

Si vous êtes intéressé par la participation à ce groupe clinique, merci de nous contacter par courriel à l’adresse fof.sudest@gmail.com ou par téléphone : Isabelle Randi 06.08.53.42.71. Nous vous donnerons tous les renseignements nécessaires pour vous inscrire, ou préciser avec vous les objectifs et les modalités de ce projet.

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