Ecouter « France Inter : Cabanes, Marielle Macé et Christophe Laurens »

Emission l’Heure bleue de Laure Adler. Passez du jour à la nuit en douceur grâce à un entretien avec un invité qui parle de ses passions.

Avec «Nos cabanes», l’auteure réfléchit sur le vivre ensemble dans un essai pensé comme un poème empreint de philosophies et d’engagements écologiques, pour être au plus près de la nature.

Vite, des cabanes, en effet. Pas pour s’isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abimé ; mais pour braver ce monde, l’habiter autrement : l’élargir.

Ce livre est une grande aventure littéraire, comme souvent chez Marielle Macé, mais aussi une ode à l’optimisme et au lyrisme. Autour de cette figure qu’est la cabane, montée sur les ZAD, les places et les rives, c’est surtout l’idée d’habiter le monde autrement qui fait de la cabane un lieu de liberté. 

Ecouter la nature autrement, s’extraire au monde par la pensée, la poésie, la philosophie, mais aussi et surtout un moyen de vivre dans un monde abimé, telles sont les pistes de recherche de Marielle Macé. 

L’auteure écrit dans Nos Cabanes toute l’admiration et le respect qu’elle éprouve pour la jeune génération, cette jeunesse devant braver la précarité et trouver sa place dans le monde.

Christophe Laurens architecte, paysagiste et enseignant, viendra aussi parler des ZAD avec Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre 


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Ecouter « France Culture : Alice Cherki, sa rencontre avec Frantz Fanon »

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A voix nue, une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps. Ilana Navaro

Alice Cherki est psychiatre, psychanalyste et écrivaine. Née dans une famille juive algérienne, elle s’est engagée en faveur de l’indépendance de l’Algérie dans les années 1950, années pendant lesquelles elle a rencontré et travaillé avec le psychiatre et penseur Frantz Fanon.

Dans cet épisode, Alice Cherki raconte sa rencontre avec Frantz Fanon en 1953 à l’Hôpital Psychiatrique de Blida, ville près d’Alger. 

Interne, elle témoigne de « l’expérience de social-thérapie » mise en place par Fanon pour les patients psychiatriques des deux camps. Une sorte d’oasis où l’on peut concevoir une guérison, alors qu’autour d’eux, la guerre bat son plein. 

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Lire « Francetvinfo : Et si votre dépression était de l’éco-anxiété ? »

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Quand le changement climatique attaque la santé mentale : et si votre dépression était de l’éco-anxiété ?

Ils voient l’épée de Damoclès suspendue au-dessus des nuages. Partout dans le monde, des militants écologistes, des scientifiques et de simples citoyens sombrent dans une nouvelle forme de mélancolie, impuissants, pensent-ils, face aux défis environnementaux. Heureusement, il existe des moyens de lutter contre ce spleen.  

Elle le dit en riant, mais néanmoins sérieusement : « Moi, je pleure. Je pleure pas mal, même. » Justine Davasse milite, travaille, s’informe et, parfois, elle craque. Quand elle regarde une vidéo ou lit un article faisant état des conséquences du changement climatique, quand elle bouquine ou cogite sur la sixième extinction de masse, cette Orléanaise de 30 ans peine à contenir sa frustration.

Convaincue que le temps presse et que le déni conduit l’humanité dans le mur, elle souffre d’un trouble dont la société peine encore à définir l’ampleur et les contours : l’éco-anxiété, ou anxiété climatique, un concept développé pour la première fois par la chercheuse belgo-canadienne Véronique Lapaige. Bref, le blues du militant vert. 

Entre angoisses et culpabilité

« Insomnies, maux de tête, douleurs qui vont se loger dans le corps… Certains somatisent ce stress au niveau du cou, des épaules ou du bas du dos, pour d’autres ce sont des troubles digestifs », liste la jeune femme. « Je ressentais ce type de symptômes, mais quand j’en parlais, on me disait que j’étais trop sensible. Aujourd’hui, je constate que nous sommes trop nombreux pour que ce ne soit qu’une question d’ultrasensibilité ! »

Sur le podcast « Les Mouvements zéro » qu’elle a fondé et qu’elle produit, Justine Davasse parle ouvertement de ce mal-être et recueille depuis peu des témoignages sur une page Facebook « Transition écologique et éco-anxiété. » « J’encourage les gens à en parler pour se sentir moins isolés. Qu’ils n’aient pas peur de passer pour des dingues quand ils racontent avoir ‘pété les plombs’ quand la caissière leur a proposé un sac en plastique », explique-t-elle à franceinfo. Car le quotidien des « éco-anxieux », guettés par ce que les activistes appellent le « burn-out militant », n’est pas simple.

« Volonté d’être au courant de tout, besoin d’être informé tout le temps, peur de ne pas être à la hauteur des enjeux écologiques, culpabilité de ne pas en faire assez, voire d’aggraver la situation quoi que je fasse… J’étais hanté par ces questions jour et nuit », abonde l’auteur de BD Gwen de Bonneval. En 2015, cet artiste nantais lit Comment tout peut s’effondrer, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (éd. Seuil, 2015), un ouvrage incontournable de la collapsologie. C’est la claque. Puis la déprime.

J’ai eu un moment d’angoisse terrible. J’avais un enfant d’un an, je savais que cela allait être grave, mais pas à ce point-là et pas à cette vitesse. Ça a été dur à encaisser.Gwen de Bonneval, auteur de bande-dessinéeà franceinfo

« A l’époque, c’était mal compris et mal vu de parler en boucle d’effondrement de la société. Les gens se disaient : ‘Il ne va pas bien’, ou sous-entendaient que j’étais complotiste. J’avais l’impression de vivre dans une autre réalité », se souvient-il. « Pourquoi je ressens cela ? Pourquoi moi et pas les autres ? », se demande-t-il alors, éprouvant « une espèce d’effondrement personnel qui précède à l’effondrement tout court. »

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2019 « Régulation démographique des orthophonistes : nouveau zonage »

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Vous pouvez télécharger l’arrêté de zonage pour les Bouches-du-Rhône publié le 11 janvier 2019.

Arrêté relatif à la détermination des zones caractérisées par une offre de soins
insuffisante ou par des difficultés dans l’accès aux soins et des zones dans lesquelles l’offre est particulièrement élevée concernant la profession d’orthophoniste.
Télécharger le zonage pour la région PACA.

29 mars « Cinéma : Fernando Solanas, le grain et l’ivraie »

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Vendredi 29 mars 2019 à 19h30
Cinéma le Gyptis
136 Rue Loubon 13003 à Marseille

Projection-débat en avant-première

Le grain et l’ivraie de Fernando Solanas

21e rencontres du cinéma sud-américain

Les 21e Rencontres du cinéma sud-américain se tiendront à Marseille du 29 mars au 6 avril 2019 avec en ouverture et en avant-première le film « Le Grain et l’ivraie », le vendredi 29 mars à 19H30 (sortie en salles le 10 avril) en présence du réalisateur Fernando Solanas, au Cinéma Le Gyptis.  
Synopsis : Fernando Solanas voyage caméra au poing à travers sept provinces argentines à la rencontre des populations locales, d’agriculteurs et de chercheurs qui nous racontent les conséquences sociales et environnementales du modèle agricole argentin : agriculture transgénique et utilisation intensive des agro-toxiques (glyphosate, épandages, fumigations) ont provoqué l’exode rural, la déforestation, la destruction des sols mais aussi la multiplication des cas de cancers et de malformations à la naissance. 
Le récit de Fernando Solanas évoque aussi l’alternative d’une agriculture écologique et démontre qu’il est possible de produire de manière saine et rentable des aliments pour tous, sans pesticides, pour reconquérir et préserver nos milieux naturels.





Ecouter « France Culture : l’injonction à s’adapter et la post-vérité »

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Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : « ‘Il faut s’adapter’ : sur un nouvel impératif politique » de Barbara Stiegler (Gallimard) et « Post-vérité et autres énigmes » de Maurizio Ferraris (PUF).

Deux livres qui abordent par la philosophie la question de l’opinion publique. Dans « Il faut s’adapter », publié chez Gallimard, Barbara Stiegler s’interroge sur les effets de cette injonction faite à chacun aujourd’hui d’épouser le rythme des mutations du monde. Elle retourne pour ça aux sources d’un débat qui a opposé deux grands philosophes américains dans les années 30 : Walter Lippeman et John Dewey sur l’avenir du libéralisme et de la démocratie. Il est aussi question des États-Unis, notamment, dans l’essai de Maurizio Ferraris Post-vérité et autres énigmes publié aux Presses Universitaires de France et traduit de l’italien par Michel Orcel. Le philosophe italien se penche sur l’alliance entre le pouvoir extraordinairement moderne d’internet et la plus ancienne pulsion humaine, celle d’avoir toujours raison. Pour au final proposer une théorie de la vérité qui montre la radicale originalité des fake news, et leurs conséquences. 

Barabara Stiegler – Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique

Je vous propose de commencer par le livre de Barbara Stiegler, « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique, publié chez Gallimard dans la collection NRF essais. L’auteure est professeure de philosophie à l’université-Bordeaux Montaigne, et se penche depuis plusieurs années sur l’articulation entre politique et biologie, à travers notamment un travail poussé sur la pensée de Nietzsche. Ce qui l’a amenée – naturellement, serait-on tenté de dire – vers les questions d’éthique, elle a ainsi été membre du comité d’éthique du CHU de Bordeaux. 

Il faut s’adapter est mis entre guillemet dans le titre, car c’est à cette injonction permanente à suivre les mutations de plus en plus rapides d’un monde complexe que s’intéresse la philosophe. Adaptabilité, flexibilité, mobilité… compétition, sélection… le vocabulaire utilisé de nos jours emprunte beaucoup à la théorie de l’évolution de Darwin. Il s’agit pour Barbara Stiegler de faire la généalogie de ce mouvement de colonisation progressive par un lexique biologique du champ économique, social ou politique. 

Pour cela, elle remonte aux années 30 aux sources d’une pensée politique peu connue en France alors qu’elle concerne le passage du libéralisme au néolibéralisme. L’un des théoriciens de ce nouveau libéralisme est l’américain Walter Lippmann, qui a aussi été un acteur politique de premier plan puisqu’il a par exemple participé à la rédaction des 14 points de Wilson. Selon lui, face à des masses réfractaires au changement, rivées à la stabilité de l’état social, seul un gouvernement d’experts peut permettre cette nécessaire adaptation. Il se heurte alors à un autre grand philosophe américain, le pragmatiste John Dewey qui croit lui à la mobilisation de l’intelligence collective et à un approfondissement de la démocratie.

Ce qui est intéressant aussi dans ce livre c’est le clivage entre progressistes et conservateurs qui est sous-jacent et qui est un des résultats de ce néolibéralisme en disant finalement d’un côté il y a les progressistes, il n’y a pas deux possibilités politiques qui s’affrontent, il n’y a que des phénomène  de consentement ou de résistance et ceux qui ne sont pas d’accord  avec ce néolibéralisme ce sont des conservateurs qui sont en retard. (Eugénie Bastié)

Barbara Stiegler est assez précise sur la question de la manipulation des foules. Elle rappelle qu’il y a deux courants dans le libéralisme politique : celui qui consiste à penser à La Rousseau que la souveraineté politique doit être appelé régulièrement pour s’exprimer et puis ceux qui pensent : surtout pas ! Ce sont les mieux sachant qui doivent  déterminer le cours des opérations… (Olivier Pascal-Mousselard)

Maurizio Ferraris – Post-vérité et autres énigmes

Deuxième temps de l’émission, je vous propose de nous intéresser maintenant au livre du philosophe italien Maurizio Ferraris, aux Presses universitaires de France. L’auteur est professeur à l’université de Turin, et s’applique depuis un certain nombre d’années à aborder de manière très sérieuse des questions contemporaines qui peuvent sembler triviales comme par exemple notre rapport au téléphone portable ou l’imbécilité. Ici, il s’attaque donc à ce qui est devenu l’une des questions les plus débattues aujourd’hui : les fake news et leur impact sur la démocratie. 

Étant entendu que la vérité n’est pas un sujet trivial… en revanche il y a aujourd’hui une façon de ne pas tout à fait prendre au sérieux ce phénomène, avec l’idée que le mensonge est un ingrédient constitutif de la politique et de la vie en général… il n’y aurait donc rien de neuf sous le soleil. Ce n’est pas l’avis de Ferraris qui voit au contraire dans l’ère de la post-vérité un marqueur essentiel du monde contemporain : l’alliance entre le pouvoir d’internet et la plus ancienne des pulsions humaines, celle d’avoir raison à tout prix. 

Avec le sens de la provocation qui le caractérise, Ferraris avance que la « post-vérité nous aide à saisir l’essence de notre époque, comme le capitalisme a constitué l’essence du XIXe siècle et du début du XXe et les médias ont été l’essence du XXe siècle dans sa maturité ». La thèse avancée ici, est que la post-vérité est l’héritière de la postmodernité qui a largement débordé le cadre théorique de l’université… pour faire triompher l’absolutisme de la raison du plus fort.

Le philosophe propose donc en trois « dissertations » comme il les appelle de construire une théorie de la vérité à partir d’une analyse de la post-vérité.

J’ai trouvé ce livre très stimulant bien que parfois un peu trop scolaire, l’auteur veut faire le bon élève de philosophie avec thèse, antithèse, synthèse … avec les trois parties de la dissertation. Il est convaincant dans son explication que la post-vérité est quelque chose de radicalement nouveau et que NON contrairement à ce qu’on entend ça n’a toujours été comme çà. On est passé dans une nouvelle ère, il y a quelque chose qui change de nature et pas seulement de degré. On bascule dans un nouveau concept de la vérité (Eugénie Bastié)

J’ai été un peu moins convaincu qu’Eugénie (…) Ce livre est un précis de philosophie stimulant (parfois jargonnant !)(…) ce qui est intéressant c’est le passage entre le principe de post-modernité selon lequel il n’y a pas de vérité transcendantale, il n’y a que des interprétations à ce qu’on découvre aujourd’hui le post-truisme définit par Maurizio Ferraris à savoir : il y a une foule de vérités.  (Olivier Pascal-Mousselard)

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Ecouter « France Culture : Histoire de la folie »

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Nous vous proposons d’écouter le cycle « Histoire de la folie » de l’excellente émission « La fabrique de l’histoire » d’Emmanuel Laurentin, et particulièrement « Quelle histoire de la folie après Foucault?« 

La thèse de doctorat de Michel Foucault, publiée en 1961 sous le titre « Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique », fut un événement intellectuel majeur du XXème siècle. Quel impact a-t-il eu sur la discipline historique, quels nouveaux sujets ou concepts ont émergé à sa suite ?

Ce mercredi, Emmanuel Laurentin et Séverine Liatard s’entretiennent avec Philippe Artières, Hervé Guillemain et Aude Fauvel autour de l’impact de l’oeuvre de Foucault sur les travaux des historiens, ses contradicteurs, ses développements ultérieurs, et sur ceux qui s’en affranchissent.

Histoire de la folie à l’âge classique, l’ouvrage-phare

Soutenue en 1961, la thèse de Michel Foucault n’en finit pas de susciter les réactions. Ni histoire des idées, ni histoire des mentalités, c’est une histoire des expériences et des pratiques de la folie, en bref une histoire de l’enfermement. 

En effet, pour Michel Foucault, à la fin du Moyen-Âge et au début de la Renaissance, l’expérience de la folie, de la déraison des hommes et des choses, supplante l’expérience de la mort dans les inquiétudes des contemporains. Les fous, traités à l’hôpital, enfermés dans les citadelles, ou libres de circuler, sont alors omniprésents. L’âge classique signe à ses yeux la fin de cette tolérance, et en parallèle avec le « moment cartésien », les fous sont mis à l’écart de la société, enfermés à l’Hôpital général avec les mendiants et les pauvres : une façon de marquer le partage entre raison et déraison, si cher aux Lumières. Enfermé, le fou peut devenir objet d’étude et de jugement, la folie se médicalise et devient un objet dont la raison s’empare : c’est la possibilité de la psychiatrie.

Il y a longtemps, pour un livre, j’ai utilisé de pareils documents. Si je l’ai fait alors, c’est sans doute à cause de cette vibration que j’éprouve aujourd’hui encore lorsqu’il m’arrive de rencontrer ces vies infimes devenues cendres dans les quelques phrases qui les ont abattues. Michel Foucault, « La vie des hommes infâmes »

Le catalyseur de l’anti-psychiatrie ou la critique d’une histoire épousant entièrement le point de vue de la médecine ?

Les critiques qui lui sont adressées portent moins sur le travail d’archives (Michel Foucault n’étant pas historien) que sur sa dimension « psychiatricide » et sur la noirceur de sa vision du monde issu des Lumières. Michel Foucault s’applique page après page à exposer la violence de la « raison ».

Ce que dit Foucault fait entrer les fous dans l’histoire : il les sort de la médecine. Il parle beaucoup de la littérature alors que l’histoire de la psychiatrie et l’histoire de la médecine à l’époque est faite par des médecins. Là est le geste extrêmement fort dont nous sommes les héritiers : cette sortie de la médecine. Philippe Artières

Le contexte de parution de l’ouvrage est très important : Foucault écrit dans un moment de gloire et de puissance de la psychiatrie – française en particulier. Les psychiatres se targuent de pouvoir enfin guérir la folie, notamment avec l’avènement des neuroleptiques à partir des années 1950. Le récit de Foucault qui explique que la folie n’est pas biologique, universelle, éternelle, mais quelque chose de construit, vient rencontrer cette force de la psychiatrie des années 50 et 60. Hervé Guillemain

Aujourd’hui, tout le monde rend grâce au fait qu’avec Michel Foucault on change de dimension, de regard, on sort d’une histoire qui serait purement médicale, qui serait celle de la médecine. Cela, pour se poser la question du rapport à l’autre, de la constitution dans les sociétés contemporaines du rapport à l’altérité et comment autour de la folie, de la déraison se pose en réalité la question de qui elles excluent, qui elles n’excluent pas. Même si un des points qu’on pourrait faire valoir à Michel Foucault c’est que c’est une histoire qui se veut très universalisante et qui dans le fond est très française. Aude Fauvel

Les nouvelles perspectives

Ce qui a changé aujourd’hui c’est un certain contexte psychiatrique : on est de nouveau dans une crise – le concept de crise de la psychiatrie est presque cyclique. Mais une des nouveauté, c’est qu’on met désormais l’accent sur la place des usagers : c’est quelque chose de nouveau, notamment en France. Le type d’histoire que l’on écrit est tributaire de ce contexte, celui où d’autres voix s’expriment – comme Michel Foucault était tributaire de son contexte de gloire et de tension de la psychiatrie.  Aude Fauvel

L’institution psychiatrique s’est affaiblie : on a par exemple réintroduit le savoir de la justice dans les procédures d’hospitalisation sous contrainte. On a également à faire à un moment d’offensive de la psychiatrie américaine : au moment où meurt Foucault sort la grande version du manuel DSM (le manuel diagnostique et statistique des maladies mentales) qui surclassifie en quelques sortes nos maladies mentales. Foucault travaillait beaucoup sur le XIXème siècle, une époque où les aliénistes envisageaient qu’il n’existe qu’une forme de maladie mentale ; aujourd’hui avec le DSM, Bible de la psychiatrie américaine et internationale, on en répertorie plus de 350. Les historiens aujourd’hui s’intéressent à la manière dont on a classifié, intégré de nouvelles maladies. Hervé Guillemain

Là où Michel Foucault décrit une institution monolithique, générique, nos travaux s’attachent à montrer la diversité des cultures du soin, soit en fonction des professionnels, soit en fonction des lieux. Il existe des espaces de liberté et des professionnels qui agissent différemment. Hervé Guillemain

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Ecouter « Christophe André : « notre cerveau est mal équipé pour écouter les collapsologues »

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Le psychiatre Christophe André et le collapsologue Pablo Servigne évoquent l’effondrement prochain de notre civilisation (effondrement climatique, mais aussi politique, économique…). Comment rendre audible auprès du maximum de personnes les chiffres scientifiques du GIEC sur l’état de la planète ?

Pourquoi les discours alarmants des scientifiques sur l’état de la biodiversité, entre autres exemples, ne nous font pas plus réagir ? © Getty / Paula Winkler

Depuis Comment tout peut s’effondrer paru en 2015, l’ingénieur agronome Pablo Servigne est présenté comme l’apôtre de l’effondrement. Il fait des conférences à travers la France depuis 2009 pour parler de la collapsologie, il vient de faire paraître avec l’écoconseiller belge Raphaël Stevens et l’ingénieur agronome et docteur en biologie Gauthier Chapelle Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre). 

Il était invité récemment au micro d’Ali Rebeihi pour une émission consacrée à la collapsologie.

Pablo Servigne & la collapsologie

« Effondrement », le mot est choc. Il évoque les images apocalyptiques typiques d’une production hollywoodienne, catastrophes naturelles dévastatrices et foules en panique… mais « un effondrement peut être très graduel » souligne Pablo Servigne. « Il y a eu des effondrement dans l’Histoire de tous types et de tous niveaux d’intensité. L’effondrement du bloc soviétique, ce n’est pas la même chose que l’effondrement de la civilisation maya ou de l’empire romain. Mettre des nuances de gris là-dedans, complexifier les choses, ça a été notre travail ».

Pour autant, il ne s’agit pas de nier le problème ! Le message de Pablo Servigne porte sur l’effondrement de notre civilisation, non pas dans un futur plus ou moins lointain pour les générations futures, mais pour les générations présentes. Un effondrement qui serait climatique bien sûr, mais aussi politique, économique, social… « Il y a la possibilité qu’il y ait des effets dominos et que tout cela s’interconnecte dans un sorte d’effondrement globalisé. Jusqu’où cela peut aller ? C’est LA question » souligne le chercheur.

Comment sensibiliser le maximum de personnes ?

Pour autant, derrière cette idée de « Vivre l’effondrement », il y a un choix intentionnel de secouer les consciences. Le chercheur s’emporte :

On a plus peur d’une tarentule qui vient sur notre bureau que de la lecture d’un rapport du GIEC alors que c’est abominable ! Ça parle de migrations, de morts en masse, de possibilités de ruptures…

Christophe André lui répond : « Notre cerveau est mal équipé pour écouter les messages d’alerte que nous envoient les collapsologues parce que finalement, nous sommes moins sensibles aux chiffres qu’aux histoires. 

Lorsque les chercheurs nous rappellent que x % des oiseaux ont déjà disparu, sur le coup, ça nous fait quelque chose, mais ça ne met pas notre cerveau en état d’alerte comme il faudrait que ça le mette ! Il faudrait que ces chiffres, tout à coup, ne mettent pas seulement notre intellect mais notre corps en alerte et qu’on se dise « Punaise, il faut vraiment agir ! ». Or, ça ne marche pas comme ça. Les chiffres ne nous font plus réagir, ce sont plutôt les histoires qui auraient cette vertu« .

Comment rendre sensible au plus grand nombre les chiffres alarmants donnés par les scientifiques du GIEC, de Greenpeace, de WWF, etc ? En racontant : « Nous avons mis en récit des chiffres catastrophiques. Mais ce n’est pas simplement une mythologie, quelque chose de fictif : ce sont des faits, des expériences, des théories. Nous avons fait la synthèse scientifique de ce que la science pouvait prévoir (et il y a un degré d’incertitude radical) ».

Ce n’est pas une prise de conscience seulement, c’est une prise d’émotion.


Autrement dit par Antoine de Saint-Exupéry (que Pablo Servigne cite dans son dernier livre) : 

Quand tu veux construire un bateau, ne commence pas par rassembler du bois, couper des planches et distribuer du travail, mais réveille au sein des hommes le désir de la mer grande et belle.

Et aussi l’émission « Des idées pour demain » sur France Inter



« Adhérer la FOF : La pluralité syndicale pour une orthophonie plurielle »

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La Fédération des Orthophonistes de France entend promouvoir le SOIN en orthophonie, au plus près des patients, avec les orthophonistes.
Parce que “Promouvoir” c’est encourager, provoquer un essor, faire avancer.
Parce que le SOIN en orthophonie, c’est accompagner l’autre dans sa construction et son cheminement, que l’on parle d’un enfant qui grandit comme d’un adulte qui vieillit…
Parce qu’il s’agit pour le patient de s’approprier et d’investir sa parole singulière,
La FOF défend une pensée clinique en mouvement, une orthophonie qui se questionne et se construit, loin des certitudes toutes faites ou imposées…
Elle veut permettre aux orthophonistes la résistance à un formatage pré-pensé, au prêt-à-penser, au prêt-à-exercer.

Campagne d’adhésion

Adhérer à FOF Sud-Est

Voir « Nurith Aviv : la poétique du cerveau »

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Un film de Nurith Aviv

Des photos d’enfance de l’album familial de Nurith Aviv éveillent en elle des souvenirs et des réflexions qui la conduisent à la rencontre de chercheurs en neurosciences. Dans Poétique du cerveau, elle entrelace des récits biographiques personnels avec des récits de scientifiques sur leurs recherches. Ils abordent des sujets qui étaient en partie évoqués dans ses films précédents : mémoire, bilinguisme, lecture, neurones miroir, odeur, traces de l’expérience.