"Lire : Avec la réforme des retraites, le gouvernement ment aux jeunes et va les précariser"

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Huffington Post du 16.01.2020

La prise en compte de l’ensemble de la carrière ne fera que fragiliser la jeunesse, alors que les débuts professionnels sont plus tardifs.

La réforme des retraites est fréquemment présentée comme indispensable face aux déséquilibres menaçants de notre système par répartition. Pourtant, en y regardant de plus près, quelques chiffres permettent de nous rendre compte que notre système est loin d’être au bord de la faillite. 

En effet, les marges de manœuvre existent bel et bien: le Fonds de réserve des retraites compte aujourd’hui près de 32 milliards d’euros dans ses caisses, tandis que les organismes complémentaires disposent de plus de 100 milliards d’euros d’actifs!

En outre, la disparition de la CRDS en 2024 devrait libérer une manne annuelle de 9 milliards de recettes fiscales selon le président de la CADES, qui pourront notamment être affectés au financement des retraites et de la dépendance.  

Ce sont au contraire les orientations prises par le gouvernement qui risquent de diminuer les recettes de notre système de retraites: son projet de loi prévoit d’établir un nouveau taux unique de cotisation patronale de 16,57%, contre 74,28% actuellement pour la fonction publique d’État et 30,6 pour les fonctions publiques hospitalières et territoriales. L’économiste Guillaume Duval chiffre le manque à gagner à 37 milliards d’euros par an!

La justice sociale devrait imposer de prendre en compte l’écart d’espérance de vie entre les catégories socio-professionnelles. Nous entendons souvent que l’espérance de vie augmente en France, mais jamais qu’elle croît plus vite pour certains que pour d’autres!

De plus, les parts de salaires dépassant les 10.000 euros seront désormais dispensées de contribution aux organismes complémentaires: un beau cadeau pour les assurances privées, facilité par le vote de la loi Pacte, entraînant une nouvelle perte de 4 milliards d’euros annuels pour la solidarité nationale. 

Ces quelques éléments démontrent bien qu’une réforme des retraites peut donc être envisagée au-delà de cette prétendue urgence financière.

Alors que le gouvernement a déjà supprimé en 2017 quatre critères de pénibilité ouvrant droit à une retraite anticipée, l’instauration d’un âge pivot viendrait encore reculer l’âge de départ des personnes concernées par cette pénibilité. Sur ce sujet, la justice sociale devrait imposer de prendre davantage en compte l’écart d’espérance de vie entre les catégories socio-professionnelles, afin de permettre aux plus exposés de continuer de partir avant 60 ans. Nous entendons souvent que l’espérance de vie augmente en France, mais jamais qu’elle croît plus vite pour certains que pour d’autres! Aussi, c’est donc par le biais des critères de pénibilité et de justice sociale, que le gouvernement devrait reprendre son travail d’unification des régimes et des différentes bonifications de pensions. 

Plus généralement, l’instauration de l’âge pivot et la prise en compte de l’ensemble de la carrière ne feront que fragiliser davantage la jeunesse. Alors que la durée d’études s’allonge, et que les débuts de carrière sont plus tardifs, ces deux mesures ne feront que précariser encore davantage notre génération. Face à ce constat, la création d’une allocation d’études et de formation, sur le modèle des pays nordiques, permettrait de lutter contre la précarité étudiante, tout en permettant de commencer à cotiser à l’assurance vieillesse. Cette mesure, réel choix politique en faveur d’une société de la formation, renforcerait notre productivité et n’aurait rien d’une utopie. Son chiffrage, tel que le démontre le politiste Tom Chevalier, resterait soutenable pour les finances publiques, et inférieures aux montants alloués aux politiques d’exonérations de charges patronales ou bien encore à la solidarité nationale.

"Lire, écouter : Cynthia Fleury"

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Philosophe, chercheur à l’Institut des Sciences de la communication et professeur à l’American University of Paris. Elle travaille sur les outils de la régulation démocratique.

Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury a notamment publié La Fin du courage : la reconquête d’une vertu démocratique (2010), Les Irremplaçables (2015) et Dialoguer avec l’Orient : retour à la Renaissance (2016).

Lire

Tel est le chemin éternel de l’humanisme : comment l’homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l’éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n’est pas soin, elle n’est rien.
Cynthia Fleury 

Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps
qui est confisqué, ce temps qui n’est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l’incurie du monde, de poser au cœur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l’exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l’existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. 
Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l’hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d’échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l’attention créatrice de chacun à chacun.

Ecouter

France Culture, les chemins de la philosophie : Cynthia Fleury, philosophe clinicienne

L’invitée du jour :

Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste, professeure titulaire de la Chaire « Humanités et Santé » au Conservatoire National des Arts et Métiers, dirige la Chaire de philosophie au GHT Psychiatrie et Neurosciences de Paris

Une oeuvre philosophique artisanale

Dans un siècle, lira-t-on mon travail ? J’aimerais, mais pas pour des raisons narcissiques, plutôt pour des histoires de sens, se dire que le travail qui a été fait a une petite valeur, et pourra être récupéré. Cette « œuvre », au sens d’artisanat, c’est un lien qu’on tisse avec les autres, ensemble.      
Quand j’ai commencé à écrire, mon seul but était de constituer une œuvre, je fais ce travail-là.      
Cynthia Fleury

Comment construire cette oeuvre ?

Il y a mille chemins. Le viatique pour aller vers l’œuvre, c’est le moi. À partir de 13 ou 14 ans, les choses se sont décidées même si je ne savais pas que cela s’appelait la philosophie ; pour moi il s’agissait de langage, d’écriture, des idées, des arguments, des concepts, une manière de transformer le monde par la capacité de nommer les choses. J’avais la conscience de l’impuissance, parce que les mots ne changent rien et en même temps, les mots changent les choses : en tout cas je défends cette idée que l’être humain est un être parlant, ça compte.      
Cynthia Fleury

Discipline de l’écriture

J’écris tous les jours, je produis une matière, un objet brut, des « forêts » dans lesquelles je taille, je reprends… Parfois, je n’arrive plus à entrer dans la forêt, j’utilise alors des astuces comme le regard de l’éditeur, puis je crée un chemin didactique alors que d’autres chemins pourraient être créés, il faut choisir un axe pour un moment de transmission, et le lecteur ensuite fait lui-même son chemin et réouvre le livre. J’ai une dialectique forte avec les lecteurs.      
Cynthia Fleury

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"Pétition FOF/ACC : la formation des orthophonistes"

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Le code de la santé publique confère aux orthophonistes indépendance, responsabilité et autonomie de diagnostic, décision des soins à mettre en œuvre.

Et pourtant les critères retenus, pour bénéficier du financement de la formation continue*, concernent principalement le seul aspect technique du soin orthophonique, excluant la dimension psychologique et relationnelle.

Nous expérimentons chaque jour avec nos patients que le langage ne se réduit pas à un outil plus ou moins défaillant qu’il suffirait de réparer, mais qu’il est constitutif de la personne humaine.

Nous ne pouvons ignorer que quelle qu’en soit leur origine, organique ou non, les pathologies orthophoniques bouleversent le patient de manière plus globale.

Or, cette réalité et les conceptions théoriques référées aux sciences humaines sont absentes des propositions de formation car rejetées au motif qu’elles ne correspondent pas aux besoins de la profession des orthophonistes !

Pourtant, nombre d’entre eux témoignent des bénéfices de ces formations dans le suivi de leurs patients et s’indignent de cette situation.

Nous demandons donc que les financements octroyés par l’ANDPC et le FIF-PL rendent accessibles aux orthophonistes des formations en adéquation avec le code de la santé publique, et que les instances décisionnaires respectent l’autonomie et la diversité des choix de formation comme des choix des pratiques professionnelles.

*Dans le cadre de l’exercice libéral, les orthophonistes doivent cotiser au Fond interprofessionnel des professionnels libéraux (FIF-PL) et depuis la création en 2013 de l’Organisme gestionnaire du développement professionnel continu (OGDPC) devenu Agence national du développement professionnel continu (ANDPC) tous les orthophonistes ont une obligation triennale à participer à une action de DPC.

Les Ateliers Claude Chassagny / www.acchassagny.org / atelierchassagny@gmail.com
La Fédération des orthophonistes de France / www.federation-des-orthophonistes-de-france.fr /fof.federation@gmail.com

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"Lire : De nouvelles propriétés électriques observées dans le cerveau humain"

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Le Monde du 7 janvier 2020.

Une équipe allemande a observé dans des neurones de couches spécifiques du cortex un mode de propagation de l’influx nerveux qui faciliterait certaines opérations logiques. 
Par  Florence Rosier  

D’où viennent nos capacités cognitives hors normes ? Pourquoi ce saut évolutif, qui a longtemps semblé faire d’Homo sapiens un animal à part – avec un effet pervers : n’en avons-nous pas tiré une forme d’hubris qui nous a poussés à piller sans remords notre planète ?

Une étude publiée dans la revue Science, le 3 janvier, livre une nouvelle pièce du puzzle de notre machine à penser. Elle révèle l’importance, dans cette affaire de neurones, d’un segment anatomique de ces cellules : les dendrites.

Comparons le neurone à un arbre. Le tronc en serait l’axone, ce long et fin prolongement qui conduit l’influx nerveux – un signal électrique. Les racines, elles, en seraient les dendrites, ces filaments courts et très ramifiés qui prolongent le corps du neurone. De même que les racines d’un arbre collectent l’eau et les minéraux du sol, les dendrites, elles, reçoivent et intègrent les influx nerveux issus des neurones en amont. Selon le résultat de cette intégration, le neurone sera inhibé (il ne transmettra aucun message) ou excité (il transmettra le message nerveux à d’autres neurones en aval, par l’intermédiaire de structures particulières, les synapses).

La puissance démultipliée de notre cerveau

Que montre cette nouvelle étude ? Les dendrites de certains neurones de notre cortex sont dotées de propriétés électriques jamais observées jusqu’ici, révèle-t-elle. Ce qui démultiplie la puissance de calcul de notre cerveau, estiment les auteurs, de l’université de Berlin.

« Notre connaissance des propriétés électriques des dendrites est presque entièrement issue d’études menées chez des rongeurs », constatent les auteurs. D’où leur intérêt pour les dendrites du cerveau humain. Ils ont donc récupéré des petites pièces chirurgicales de cortex, issues de patients opérés pour une épilepsie ou une tumeur au cerveau. Deux pathologies aux causes très différentes. « Nous avons obtenu les mêmes résultats avec ces deux types de patients : cela rend très peu probable l’existence d’un biais lié à ces maladies », précise Matthew Larkum, qui a supervisé l’étude.

"Aux oubliées est une initiative qui a pour but de distribuer des livres aux femmes détenues"

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« Aux oubliées est une initiative qui a pour but de distribuer des livres, personnalisés par un mot, une lettre, une inscription de cadeau à des femmes en prison. Les donateurs sont vous, nous, des personnalités du monde des arts, de la politique, du sport, des entrepreneurs mais surtout des inconnus, tous ceux qui ont envie de faire un don à des femmes privées de tout.


Le projet

Quel livre, offririez-vous à une femme en prison ? C’est par cette question que commence l’aventure de collecte de livres avec message pour faire oublier leur réalité aux femmes incarcérées, le temps d’une lecture, mais également pour générer une réflexion et un débat autour d’un collectif de personnes oubliées de la société : les femmes détenues.

« Aux oubliées » est une initiative culturelle, féministe, poétique et solidaire lancée en Espagne, il y a un an, par Maria Rufilanchas… Lors de la toute première édition, elle a collecté près de huit cents livres dédicacés en seulement quatre semaines, grâce aux réseaux sociaux. Elle s’est rendue à la prison Del Soto à Madrid, a distribué les livres récoltés aux femmes détenues, a instauré un dialogue autour du pouvoir de la littérature, et leur a offert un moment de partage. Cette première expérience a récolté un tel succès qu’elle en a appelé une autre. Trois prisons plus tard et plus de trois mille livres distribués, cette initiative souhaite se répandre partout en Espagne, et dans le reste de l’Europe. Et elle s’encre aujourd’hui en France…

Comment participer ?

Notre première grande campagne de collecte commence maintenant pour une première distribution le 9 mars 2020 à la prison de Fleury-Mérogis !
D’autres campagnes suivront ; nous accueillons donc vos livres toute l’année.

Envoyez-nous vos livres à :
Karine Vincent L’Iconoclaste c/o Aux oubliées 26 rue Jacob 75006 Paris »

auxoubliees.org